29.11.2006

Egalité homme-femme : la discrimination positive en marche !

Dire que les femmes ont les mêmes droits que les hommes est un adage qui a fait son temps. Désormais, elles en ont plus, elles ont la garantie d'être représentée ou plutôt d'être présente. Le sexe faible l'est bel et bien ! Il a besoin d'être protégé par la loi. On ne traitera pas ici, de l'histoire de France construite sur un model patriarcal mais simplement de la discrimination entre français, de ce que certain appellent le communautarisme au sein d'une "République une et indivisible" qui a érigé l'égalité comme principe fondamental.

C'est la mode depuis un temps certain de revendiquer la division du peuple : parité entre les sexes et représentativité des minorités visibles ; au nom de l'égalité ou de l'intégration. Et pourtant, levé de boucliers dés que l'on parle d'intégration positive... même sur un model propre aux spécificités française.  

Balayer d'un revers la représentativité des minorités visible : où est la représentativité des idées du peuple ? Combien de député pour le FN ? Chacun se félicite de la présence d'un noir au 20h alors que le pauvre bouc-émissaire (d'un talent certain, bien entendu) n'est représentatif en rien de ceux qui ont des problèmes d'intégration. Intégrer les minorités visibles est une idée importante dés lors qu'elle représente une part représentative de la société. Soit 10% de français d'origine musulmane, puisque c'est d'eux qu'il s'agit, medium_Harry_Roselmack.2.jpgdont seulement 3 à 4 millions de pratiquant, les autres agissant par référence à un rite ; comme les français pour Noël ou Pâques, d'ailleurs on parle aujourd'hui des vacances de printemps, celles de Noël tiendront-elles longtemps ? Qui osera supprimer les jours chrétiens fériés ? Alors, oui, on ne peut écarter les français issus de l'immigration ; disons que vce sera au détriment des forces d'extrême gauche qui sont moins nombreuses...

La parité est l'exemple même de la discrimination positive à la française. Aider, dans un temps limité une catégorie défavorisée. Mais ne nous y trompons pas, l'idée vient de la gauche, elle est donc égalitaire par définition. Rapports à l'appui on voit bien que les femmes sont discriminées dans la classe politique ou dans les entreprises ; l'argument, socialiste par excellence et paradoxal, porte aussi sur leur représentation dans les Conseils d'Administration des entreprises du CAC40 ! Et dire qu'à l'Ecole Nationale de la Magistrature, ils pensaient à mettre des quotas d'homme !!! Mais revenons au projet de loi : assurer la parité dans les exécutifs. On peut s'attendre à voir le vote des électeurs écarté au profit d'accords internes aux partis afin de privilégier telle ou telle partisane. Ou courtisane, c'est ca l'égalité des sexes...!

Il ne s'agit rien de moins que valider ce projet incroyable et tellement réaliste qu'est la discrimination positive. Cela ne choque personne qu'un quota d'étudiants défavorisé intègre Science Po quand des élèves "favorisés" en sont écartés, la parité est applaudie à deux mains... C'est devenu incontournable, une évidence réalité d'aujourd'hui, il faut aider plus ceux qui ont moins !

27.11.2006

La candidature à la présidentielle est une affaire de parti !

Le faux débat qui ressort à la veille de chaque élection présidentielle ne manque pas d'intérêt. Entre débat théorique sur la rencontre d'un homme avec un peuple et la limitation des candidatures par les 500 signatures, le débat est faussé. De même entre candidat de parti et candidat indépendant.

Sur ce point, l’actualité démontre la nécessité du mouvement politique. La primaire interne au PS, qui a anticipé le calendrier de l'UMP, a donné une très grande visibilité médiatique au parti et désormais, tout les français connaissent le nom du candidat. Il en ira très vite de même pour les autres grands partis. On peut d’ailleurs se demander si la place d'un primaire dans les médias ne devrait pas être décomptée du temps d'expression afin de garantir une même couverture à tous. Le système du parti est a priori largement démocratique : ceux qui souhaitent s'investir (20 € !!!) valident déjà une représentativité des idées portées par le candidat investi. De plus, le parti dispose d'une logistique, d'un réseau et d'une habitude des "usages" politiques incontournable. Il s'agit là d'une logique incontournable. Et ce, sans avoir abordé la question cruciale et centrale des finances. Ce ne sont pas les 750 000 euros de gratification aux candidats qui rétabli l'équilibre, pas plus que la promesse de remboursement au delà des 5%, question de trésorerie !

Deuxième barrage à la candidature hors parti, les 500 signatures. Les hypocrites chargés de communication s'évertuent, après avoir interdit les soutiens hors du parti à expliquer que les maires sont indépendants et doivent assumer leur choix. Facile dans un monde théorique ! L'argument le plus fallacieux restant : si on parraine, c'est qu'on partage les mêmes convictions que le parrainé. A aucun moment, la volonté de voir jouer le ressort démocratique par la pluralité des candidats n'est entendue comme une conviction ! Il faut certainement mettre un filtre aux candidatures pour écarter les plus farfelues mais celui-ci reste à définir : les 500 signatures ont permis à Cheminade de régler sa dette judiciaire et à des sectes d'avoir un relais télévisuel. Alors que penser de la proposition de pétition d'Hortefeux...

Ce faux débat sur la liberté d'être candidat est toujours porté que par des querelles et des intérêts personnels d’individus financièrement à l’aise. On voit bien assez la difficulté de certains hommes politiques bénéficiant d'une certaine notoriété, à se présenter pour prêter le flanc à ceux qui usent et abusent de leur position. Dans les autres cas, se présenter en indépendant relève de Don Quichotte, afin d'au mieux soulever un ambryon de débat.

Alors, la rencontre d'un homme avec un peuple ? C’est une évidence ! Mais cela sous-entend que les candidats bénéficient d'un vote d'adhésion. Il semble qu'on en est très loin !

25.11.2006

Pourquoi pillent-ils tous les ideés de Sarkozy ?

En révolutionnant la vie politique française, Nicolas Sarkozy a imposé son style : communication, proposition, liberté de ton, refus des idées toutes faites, refus de la logique du chef de parti, pragmatisme, ouverture... et pour ces mêmes raisons il a été tant critiqué ! Pourfendu pas ses adversaires politiques, pourfendu par les médias, pourfendu par les héritiers du chef de l'état, il a tenu tête et affirmé son style. Dés lors, son maintien en tête des sondages, à contre courant du matraquage intellectuel a interpellé ses pourfendeurs.

De droite comme de gauche, les opposants au patron de l'UMP, se sont tous intéressés à ses méthodes. "Gagner la bataille de la communication avant d'agir", "dire ce qu'on va faire et faire ce qu'on a dit" ; deux slogans révolutionnaires qui ont eu pour effet et d'éclipser les non-sarkozistes. Vexés, ils ont du s'adapter... en faisant du Sarkozy !

Bayrou, le pont transparent entre droite et gauche, a opté pour une stratégie de rupture avec son histoire, son programme, son attitude dans l'hémicycle. Désirant s'émanciper, il n'a eu d'autres solutions que de s'affirmer comme indépendant, libre selon le mot du maître, et force de propositions. Le manque de crédibilité d'un éternel suiveur et opposant rend sa candidature illisible, seul ses positions sur l'Europe trouvent un certain échos.

Le Parti Socialiste s'est quant à lui abaissé à utiliser les mêmes moyens de communication que le rival : adhésions par internet, choix du candidat par les militants et débat d'idées. Malheureusement, l'autre utilise déjà tous les autres ressorts de communication, difficile de copier plus !

Ségolène Royale : ce que propose Sarkozy ? Elle est d'accord ! Puisque de toute façon les français sont d'accord avec lui, c'est répondre à leurs attentes... reste plus qu'à s'affirmer de gauche et critiquer la mondialisation. Elle va même jusqu'à proposer "d'"imaginer la France" de demain... pâle copie du slogan UMP !

Villepin ? une bonne partie de ses mesures lui ont été directement inspirée des positions du ministre de l'intérieur s'exprimant en qualité de chef de parti. Pour sa défense, on notera que l'électorat de droite y était favorable. Cela ne l'a tout de même pas empêché de critiquer chaque prise de position. Tout bénef ! Critique pour passer dans les médias, copieur pour avoir des résultats : voila un possible candidat à la présidentielle... Mais, dans un deuxième temps, stratégie perdante, il est allé à contre courant en adoptant systématiquement une position opposée.

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Bref, le seul tort de Nicolas Sarkozy est de s'être positionné trop tôt comme candidat potentiel, d'avoir utilisé des méthodes de son époque, et d'avoir montré qu'il est possible de réintéresser les français à la politique !

20.11.2006

Moderniser les institutions : une exigence d’aujourd’hui.

La force de la cinquième république réside dans le lien indéfectible entre le Président et le peuple qui l’élit au suffrage universel. Il délègue au Premier ministre la conduite de la politique du gouvernement. Fort de la légitimité tirée de la nation, il promulgue les lois votées par le Parlement, son émanation directe et symbole de sa diversité. Cette ligne directrice est toujours d’actualité et plus que jamais nécessaire. Cependant, depuis la première cohabitation, le model de 1958 ne résiste plus à l’épreuve de la vie politique française.

 

L’élection présidentielle de 2002 a validé cette analyse en apothéose : le peuple tout entier s’est montré attaché à la nécessaire incarnation de la France par le chef de l’état. Mais le paradoxe de cette élection réside dans l’absence de représentativité des institutions. Le Parlement depuis 1986 n’est plus indépendant, il est soumis à la pression constante de Matignon qui fixe 90% de l’ordre du jour. Les lois sont annoncées avant d’être débattues devant la représentativité nationale, le Premier ministre a éclipsé le Président en assurant le lien avec l’Assemblée Nationale et reléguant le Président au rôle de voix de la France à l’étranger. Dernier signe de l’indéfectible attache du régime avec le Général. Ultime lien aussi, le Président étant, outre des interventions télévisées programmées ou contraintes, désormais un personnage secondaire ; contre l’esprit de la norme suprême.

 

La tentation intellectuelle de conserver les institutions telles que voulue par De Gaulle est un combat qui ne tient pas compte de la donne actuelle, c’est rester encré dans une ère qui n’est plus. A l’opposé des actes du Général qui s’est toujours appuyé sur son temps. Il n’avait pas eu la prétention de penser une constitution intemporelle, mais une constitution inscrite dans une époque, la sienne. Il ne s’est d’ailleurs pas accroché à une fonction qu’il s’était taillée sur mesure. Madame Alliot-Marie fait fausse route, les chiraquiens également ; Villepin lui-même n’a pas osé plaider devant la convention de l’UMP, pour le maintien de ces institutions.

 

Dés lors il faut rendre toute sa place au Président de la République. Tirant sa légitimité du peuple, il doit pouvoir mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu. Il doit revenir au premier plan en orientant la politique de la Nation. La conduite de celle-ci revenant à premier ministre, grand commis de l’Etat, en charge de sa mise en œuvre. Le Président élu sur la foi d’un programme dispose de la durée de son mandat pour mettre les mesures annoncées à exécution, en prise directe avec l’opinion publique. Chargé du bon fonctionnement du gouvernement le premier ministre est le grand organisateur, tel Raffarin, corvéable pour le service de la nation. Le Président assume les relations avec un Parlement représentatif de la diversité de l’opinion. L’Assemblée élue à la proportionnelle par un scrutin de liste, au suffrage direct. Le Sénat, institution poussiéreuse inspirée des Paires de la Nation devient dés lors la représentativité des territoires. Les sénateurs sont élus par de grands électeurs (conseillers municipaux, généraux et régionaux) dans chaque région. Cette nouvelle représentativité correspond aux nouvelles délégations de pouvoir incluses dans la dernière loi de décentralisation.

 

L’équilibre des pouvoirs ainsi maintenu dans une nouvelle distribution des rôles garanti une meilleure représentativité du peuple tant dans sa diversité d’opinion que dans sa diversité institutionnelle. De même, cette évolution aura pour effet de rapprocher les élus de leur électorat. On peut dés lors espérer une réhabilitation de la classe dirigeante en mal de crédibilité, en proie avec une crise de confiance qui ne saurait être résolue que par l’élection d’un homme incarnant le changement et le portant au cœur même des institutions.

17.11.2006

Le choix de Ségolène Royale : vers un séisme annoncé.

Une femme ! Sa principale qualité d’homme politique est bien son sexe ! Son attitude de midinette fragile et son sourire un peu coincé ratissent large : publique féminin et homme en mal de repères. Il y a peut-être quelques personnes qui adhèrent à ses propos, peut-on parler d’idées. Des convictions elle en a, plutôt conservatrice sur des sujets universels et fondamentaux : la famille, l’éducation, l’homosexualité. Des idées, à part les notre et celles des français, on peut en douter. Heureusement pour celle quia déclaré « mon programme c’est vous », le Parti Socialiste lui fournira le sien.

Convaincre le PS en utilisant la technique tant décriée de Sarkozy qui consiste à s’intéresser à ce que pense les électeurs, a été plutôt facile. De plus elle a bénéficié d’une idée de son adversaire : les adhésion en ligne ! tant décriée au préalable… D’ailleurs c’est elle la plus forte au PS. Elle a imposé l’absence de débat, préférant une série de récitations à laquelle elle se réservait le droit de na pas participer. Qu’importe on a au moins entendu des argumentaires. Mais hélas cette technique ne peut s’inscrire dans la durée. medium_sdfg.jpg

Viendra le temps des débats et des faces à faces, dangereux quand on est une femme à la voix qui déraille ; elle n’oubliera cependant pas de toujours donner des exemples issus de son expérience en Poitou comme elle l'a fait pendant la campagne interne. Viendra le temps du rassemblement. Difficile pour Ségolène de rassembler au sein de son parti, même si pour Montebourg il y a des liens avec les autres ex-candidats, dont un « sur l’Europe avec Fabius »… ca promet ! Et puis ce sera plus dur de rassembler à gauche, peu de lien avec les idées socles de la gauche (l’oppression des grands patrons). Il faudra également éviter une fuite vers Bayrou l’Europhile, aussi à droite que Ségolène sur les sujets de société. Viendra le jour du vote. Celui du séisme. Cinq ans après, alors qu’aucune personnalité de gauche n’a tiré les leçons du « 21 avril », un nouveau séisme se reproduira.

Les prémisses de cet échec se trouvent dans le vote d’hier. Alors que la Povince a plébicité Royale, les fédérations de Paris on recherchée un deuxième tour. Doute affiché sur les capacité de Ségolène, sympathie pour le programme Strauss-Kahn, fidélité européenne à Fabius. La différence entre Paris et le reste de la France se vérifie souvent dans les urnes. Pour le réfrendum sur la constitution européene c’était à l’avantage de la Province, pour les affaires intérieures, il semble moins probable que ce soit le même chose. Le vote décisif sera plus éparpillé en province et elle n’a pas convaincu les parisiens.

A défaut d’avoir proposé des mesures véritablement de gauche et ne pouvant rassembler sur sa candidature, Madame Royale ne passera pas le premier tour. Il aurait probablement mieux valu jouer le scénario du ralliement, comme à l’UMP, au chef du parti, Hollande, le mieux placer pour fédérer au dela des militants, les sympathisants qui peuvent voter utile.

15.11.2006

La candidature de Le Pen est elle garante de la démocratie ?

Mai 2002, fin de la démocratie en France : candidat unique, presse d’opinion unique, dictature de la pensée, suspension de la liberté de voter... Certains français ont fait un choix qu’ils ne devaient pas faire : mettre Le Pen au deuxième tour. Choix allant à l’encontre de tous les principes républicains et même des droits de l’homme, etc. D’ailleurs, il n’y aura pas de débat entre les deux candidats.

 

Cinq ans après, les choses ont changées, les journalistes s’inquiètent. Tout invité politique a droit à la même question. Horrible question quand on a vécu 2002 ! L‘homme du deuxième tour pourrait-il être absent du scrutin de 2007 !!!!

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Alors, c’est un concert de commentaires impensables il y a encore quelques semaines. Tous nos hommes politiques l’admettent enfin, il vaut mieux débattre avec « le monstre » que de le laisser se développer dans l’ombre. D’ailleurs, cela suit une prise de conscience, le débat s’est déplacé vers la droite et les théories assénées depuis 20 ans ne peuvent plus être balayées, l’opinion public s’y intéresse !

Alors c’est la cacophonie ! Les présidents de groupe y vont de leur petite phrase pleine d’ouverture, les porte-paroles de leur commentaire sans ambigüité. Chaque maire peut donner son parrainage à n’importe quel candidat en fonction de ses propres convictions à condition que cela se fasse dans les limites du parti et en pensant aux investitures pour les échéances à venir.

Un pas en avant pour la démocratie, on accepte toute personne puisse se présenter à l’élection présidentielle… à condition qu’il passe outre l’oligarchie. Et dire que certains « sans-étiquettes » veulent boycotter les parrainages !

08.11.2006

En attendant les effets du plan Borloo…

A la suite de l’analyse précédente, il faut ajouter que bien entendu, certains éléments influent sur les comportements et le regard porté sur le reste de la société est un facteur primordial de volonté de changer. L’impunité au sommet de l’Etat et les promesses non tenues ne permettent pas de promouvoir le model républicain. La discrimination dans les lieux privés et les entreprises sont des facteurs de renoncement ; mais développés par protection, cercle vicieux dont il sera difficile de sortir. L’accent n’est pas assez mis sur les habitants « sans histoire » des quartiers, ceux qui travaillent, s’intègrent réussissent, aiment leur quartier et souhaite la même chose pour leur voisin. Mais ces exemples ont vocation à diminuer, l’évolution sociale menant à la désertion de ces quartiers par l’espérance d’un meilleur. Par ailleurs et à contre courant des idées liées à l’affichage des minorités visibles, la composition l’équipe de France de football a contribué à renforcer les différences, le concept « black blanc beur » n’ayant eu d’impact que chez le bien-pensants.

 

Si les mesures dans le temps, dont le plan Borloo, seront lente à faire ressortir leurs effets, il convient d’agir rapidement par des palliatifs pour rétablir dans un premier temps l’ordre, en insistant sur la primauté des règles pour permettre la vie en communauté. C’est d’ailleurs sur ce point qu’est mis l’accent dans les centres éducatifs fermés. Il faut casser le cercle du rejet de l’autorité et de tout ce qui symbolise peu ou prou l’état ou un service public. Notons que c’est précisément au détriment des habitants de ces quartiers et que cela à un impact maximum sur les autres citoyens.

 

En lien avec l’évolution de la société et la perte des repères, avec les problèmes d’intégration et la perte du model paternel, il faudrait rappeler les principes de responsabilité par la modification de l’ordonnance de 1945 sur la responsabilité pénale des mineurs en les rendant responsable devant la loi. Cela doit aller de paire avec une implication renforcée des parents par une pression accrue sur leur responsabilité d’adultes en charge de l’éducation. Cependant, il est peu envisageable de mettre sous séquestre des allocations familiales ou toute aide économique, cela venant affaiblir un « équilibre » souvent précaire. En revanche un modèle de responsabilité pénale solidaire pourrait être étudié. Parallèlement, en matière de récidive, des mesures d’éloignement devraient être requises et appliquées. Une réforme urgente des services carcéraux doit être mise en œuvre au plus vite, après réflexion toute fois ; l’étude en cours auprès des détenus apparaît à ce titre là bienvenue. Parallèlement, une démarche sociale avec une dose de discrimination positive est incontournable. Aider plus ce qui ont moins permettra de rendre possible une évolution sociale qui est aujourd’hui inenvisageable. Cette mesure apparaît aujourd’hui comme une nécessité et prend tout son sens dans le principe de solidarité, principe fondateur de la république sur lequel reposent aujourd’hui plusieurs piliers de la société sans que leur remise en cause ne soit un instant envisagée.

Constat sur les "banlieues"

Les cas de rebellions contre l’ordre républicain ne sont plus une nouveauté depuis 5 ans que Nicolas Sarkozy participe au gouvernement. On l’a beaucoup vu sur le terrain, tant dans les quartiers que dans les médias. Usant parfois à outrance de la communication, il a fait le jeu des médias qui ont su créer un climat stigmatisant toute une partie de la population et manipuler les propos du ministre d’Etat à plusieurs reprise notamment dans l’histoire des « racailles » et du « Karcher ». Critiqué de mauvaise fois par une gauche démagogique voir populiste, Sarkozy est resté cohérent avec sa politique affichée de sanctionner et poursuivre chaque fauteur de trouble, fut-il dans les force de l’ordre.

Un an après les émeutes, peu de choses ont changées car le problème de fond n’a guère été traité ; chacun en a conscience. Le saupoudrage Villepin de 2005 n’a rien solutionné. Reste donc le fruit de l’echec de l’intégration : chômage supérieur à la moyenne, délinquance supérieure, problèmes linguistiques et culturels, échec scolaire, habitats inadaptés, trafics… Constat savant effectué de tout bord. Alternance au sommet de l’état et résultats connus. Chacun joue son rôle court termiste : Hollande et le PS aboient, Voynet plaint les jeunes qui sont déconnectés, Le Pen attend. Mais alors que faire en attendant les solutions Borloo qui produiront leurs effets dans le temps ?

Deux orientations me semblent essentielles pour permettre une évolution dans les quartiers dit « sensibles ». D’une part il faut « re-connecter » le travail et l’argent avec la réalité et d’autre part, rendre cohérent le travail de la police et celui des juges pour « re-connecter » avec la réalité encore.

Concernant le premier point, la lutte contre l’argent facile et les trafics doit être intensifiée de manière à montrer que l’argent ne doit provenir que du travail. Cette lutte doit être policière dans le démantèlement, mais également sociale dans la valorisation des études, seul chemin permettant l’accès à un travail rémunérateur. La comparaison de l’ouvrier trimant pour gagner peu et du dealer à la vie facile doit être rendue impossible. La création des GIR était un acte fort dont l’action devrait être singulièrement renforcée. Il n’est pas admissible que les habitants soient contraints de laisser les trafics s’installer et prospérer parce qu’ils contribuent au paiement des loyers ou des courses. Ajouté à la crainte, le silence est roi.

Deuxièmement, vouloir le respect de la loi n’est envisageable que si la police et les magistrats vont dans le même sens. Il semble que le caractère social de la loi soit mis en retrait par ces derniers. Certes, la loi prévoit des modérations dans la peine au regard de l’accusé et de l’actes… mais la finalité est d’adapter la sanction au cas d’espèce : on ne traite pas de la même manière un acte isolé et des actes à répétitions. Il en va de même en matière de récidive. Le juge respecte le droit quand il condamne plusieurs fois à du sursit mais il pourrait aussi condamner avec fermeté ! Indépendance des magistrats certes mais en lien l’évolution de la société. N’oublions pas que la législation est la chambre d’enregistrement de l’évolution sociale. On ne peut opposer deux systèmes légaux : la police et la justice. La police répond aux injonctions du ministère de l’intérieur, les magistrats doivent être en ligne avec le Parlement qui fait les lois.

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