15.05.2007
Parti Socialiste : quels enseignements ?
Alors que Nicolas Sarkozy joue la carte de l’ouverture, il faut que l’opposition s’organise pour être forte et en ordre afin d’être force de contre proposition. Ce n’est pourtant pas gagné ! Il y a tout à reconstruire au Parti Socialiste… Un troisième échec consécutif et dramatique pour le PS pose plus de questions que l’élimination de Jospin n’en avait soulevées. Inapte à se succéder après avoir dirigé le pays, inapte à battre une majorité sortante à laquelle tous les socialistes s’accordaient à concéder un mauvais bilan… la solution ne peut venir que de la rénovation mais attention à bien cerner le problème !
Gare à l’effet Ségolène Royal. Candidate malheureuse ayant préférée affronter seule les suffrages, libre de toute attache partisane, libre dans ses propos, libre dans ses erreurs. Si la candidate n’était pas au niveau, c’est lié à plusieurs facteurs au titre desquels on notera que la campagne fut bâclée dans sa préparation, incohérente, basé sur une liste de proposition sans projet de société, sans base idéologique, le tout appuyé par une stratégie marketing ratée (cf. photos de campagne du premier tour). De plus, Royal n’a jamais su fédérer autour d’elle : après le premier tour, moins de la moitié de ses électeurs adhéraient au pacte présidentiel, seulement 55% au deuxième. Les adhérents étaient déboussolés par la candidate, préférant la fuite vers le mirage Bayrou dont elle n’a pas su convaincre les électeurs malgrés une discussion à grand renfort de médias, conduisant les votes blancs ou nul à se multiplier par trois entre les deux tours. Enfin, deux erreurs majeurs : le renvoi systématique des questions concrètes aux partenaires sociaux et une campagne basée sur la peur. Seule la démocratie participative, comme concept maître semble rester à son crédit.
Gare à la médiocrité : il faut être constructif et honnête intellectuellement … ce qui n’a été le cas ni lors des cinq années d’opposition ni lors des soirées électorales ! Quand François Hollande demande depuis quand les français ont perdus la fierté de l’être ou depuis quand la France n’est plus dans l’Europe… il discrédite le PS ! Dommage, il était le seul à garantir l’unité du PS et aurait dû être son candidat. Désormais, la place aux critiques et règlements de compte en interne est large. DSK et les autres ont raisons de ruer dans les brancards, il n’est que temps de réformer le parti à la rose. Cela aurait dû être fait après 2002 mais il faut constater que les élus ont du mal à comprendre leurs échecs, celui-ci comme celui du référendum sur le projet de traité instituant une Constitution pour l’UE. N’en déplaise à la gauche, qui l’a compris à ses dépens, Sarkozy avait anticipé ; pas seulement depuis qu’il a arrêté de penser à la présidentielle seulement en se rasant !
Gare aux vielles recettes ou au centrisme à tout crin ! La lutte des classes a fait long feu, elle n’est plus d’actualité dans la société française : il ne sert rien d’opposer les riches et les pauvres ! Nul n’est à l’abri de passer pour un riche dans une société nivelée par le bas ! De même, le virage centriste s’il présente des avantages fait prendre le risque de se couper de la base de gauche… au profit d’Olivier Besancenot, seul gagnant à gauche. En revanche, le risque est limité de larguer les écologistes (1,5% ou moins ?) qui revendiquent leur place réelle à l’Assemblée Nationale (mais ne veulent pas du Front National, bien entendu).
Finalement, après avoir tant critiqué le fonctionnement de l’UMP, il va falloir faire de même y compris si cela demande du travail, une concertation par mois sur chacun des thèmes de la société, et de l’abnégation dans une compétition d’égo car il faudra bien un rédacteur-rapporteur tel François Fillon !
Une dernière remarque… choisir dés aujourd’hui le candidat pour 2012 est-ce bien raisonnable ?
14:51 Publié dans Réformer maintenant | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UMP, PS, UDF, Sarkozy, Royal, Bayrou, Politique

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