25.11.2006

Pourquoi pillent-ils tous les ideés de Sarkozy ?

En révolutionnant la vie politique française, Nicolas Sarkozy a imposé son style : communication, proposition, liberté de ton, refus des idées toutes faites, refus de la logique du chef de parti, pragmatisme, ouverture... et pour ces mêmes raisons il a été tant critiqué ! Pourfendu pas ses adversaires politiques, pourfendu par les médias, pourfendu par les héritiers du chef de l'état, il a tenu tête et affirmé son style. Dés lors, son maintien en tête des sondages, à contre courant du matraquage intellectuel a interpellé ses pourfendeurs.

De droite comme de gauche, les opposants au patron de l'UMP, se sont tous intéressés à ses méthodes. "Gagner la bataille de la communication avant d'agir", "dire ce qu'on va faire et faire ce qu'on a dit" ; deux slogans révolutionnaires qui ont eu pour effet et d'éclipser les non-sarkozistes. Vexés, ils ont du s'adapter... en faisant du Sarkozy !

Bayrou, le pont transparent entre droite et gauche, a opté pour une stratégie de rupture avec son histoire, son programme, son attitude dans l'hémicycle. Désirant s'émanciper, il n'a eu d'autres solutions que de s'affirmer comme indépendant, libre selon le mot du maître, et force de propositions. Le manque de crédibilité d'un éternel suiveur et opposant rend sa candidature illisible, seul ses positions sur l'Europe trouvent un certain échos.

Le Parti Socialiste s'est quant à lui abaissé à utiliser les mêmes moyens de communication que le rival : adhésions par internet, choix du candidat par les militants et débat d'idées. Malheureusement, l'autre utilise déjà tous les autres ressorts de communication, difficile de copier plus !

Ségolène Royale : ce que propose Sarkozy ? Elle est d'accord ! Puisque de toute façon les français sont d'accord avec lui, c'est répondre à leurs attentes... reste plus qu'à s'affirmer de gauche et critiquer la mondialisation. Elle va même jusqu'à proposer "d'"imaginer la France" de demain... pâle copie du slogan UMP !

Villepin ? une bonne partie de ses mesures lui ont été directement inspirée des positions du ministre de l'intérieur s'exprimant en qualité de chef de parti. Pour sa défense, on notera que l'électorat de droite y était favorable. Cela ne l'a tout de même pas empêché de critiquer chaque prise de position. Tout bénef ! Critique pour passer dans les médias, copieur pour avoir des résultats : voila un possible candidat à la présidentielle... Mais, dans un deuxième temps, stratégie perdante, il est allé à contre courant en adoptant systématiquement une position opposée.

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Bref, le seul tort de Nicolas Sarkozy est de s'être positionné trop tôt comme candidat potentiel, d'avoir utilisé des méthodes de son époque, et d'avoir montré qu'il est possible de réintéresser les français à la politique !